Discours du président du STT à l'occasion du dévoilement du panneau d'affichage du Chômage-o-mètre le 10 juin à Vancouver, C.-B.
Affiché 2009-juin-15

Je suis ravi d'être ici aujourd'hui pour présenter le premier Chômage-o-mètre national du Canada qui sera bientôt dévoilé sur le panneau d'affichage qui se trouve derrière moi. Le Chômage-o-mètre a parcouru un long chemin depuis son introduction le 6 mai dernier à Ottawa. Les gens de partout au pays ont eu l'occasion de se faire entendre au sujet des effets négatifs de la délocalisation des emplois et d'ajouter leur appui. Ce compteur représente plus de 1,6 millions de personnes et il nous rappelle chaque jour que cette campagne concerne de vraies personnes : des Canadiens et des Canadiennes comme vous et moi. Le nombre affiché au compteur représente des individus qui éprouvent des difficultés dans ce contexte économique : ceux qui ont perdu leur emploi. Et pour chacun d'entre eux, il y en a d'autres qui craignent de joindre leurs rangs, des travailleurs qui font face chaque jour au défi d'abriter et de nourrir leur famille.

Le Syndicat des travailleurs et des travailleuses en télécommunications représente plus de quatorze mille employés de TELUS, dont plusieurs sont touchés par la délocalisation. Mais, comme nous l'avons répété tout au long de cette campagne, la délocalisation n'est pas un problème des seuls travailleurs en télécommunications. Des employés de centaines domaines comme les industries forestière, pétrolière, ou manufacturière, le commerce de détail, le secteur de l'assurance ... et la liste est longue ... souffrent. Les grandes entreprises délocalisent des milliers d'emplois bien rémunérés pour accroître leurs bénéfices nets à court terme - et elles le font au détriment des collectivités dans lesquelles elles réalisent ces profits. En même temps, leur vision myope est en train de détruire la vie de dizaines de milliers de bons travailleurs canadiens. Nos collectivités souffrent.

Lorsque les familles de la classe moyenne ne peuvent pas trouver de travail, cela crée un effet multiplicateur. Tout simplement, il y a moins de personnes qui ont les moyens d'acheter des biens et des services. À quel moment peut-on dire que trop, c'est trop ? De combien de profits ces entreprises ont-elles besoin et à quel coût pour les Canadiens ?

Au Canada, le taux de chômage se situe présentement à 8,4%, le plus haut depuis 11 ans. Cela touche tout le monde. J'en entends parler chaque jour par les membres du STT. Il ne fait aucun doute que les Canadiens perdent leur emploi au profit des travailleurs à l'étranger. Les grandes entreprises comme TELUS tenteront de le cacher et de minimiser les faits, mais la vérité est évidente pour la population.

Au cours de ce voyage, nous sommes allés à la rencontre de Canadiens dans des métropoles et dans des petites villes et les travailleurs ont partagé quelques-unes de leurs expériences avec nous. Comme ce nouveau père d'une petite fille qui nous a raconté que 800 emplois, dont le sien, venaient d'être externalisés aux Philippines et en Inde.

TELUS fait la même chose en exportant 1 000 emplois de haute technologie en Inde cette année.

Sur la côte Ouest de l'île de Vancouver, nous avons rencontré des menuisiers de préfabrication qui avaient été mis à pied par manque de travail. Pourtant, ils ont récemment vu plusieurs énormes navires transporteurs de grumes quitter le port ; chacun de ces navires transporte suffisamment de bois pour garder une usine ouverte.

Partout où nous sommes allés, le message que les gens veulent transmettre au gouvernement et à ces entreprises est le même : CELA SUFFIT.

Nous devons nous concentrer à chercher des solutions pour que plus de Canadiens et de Canadiennes puissent retourner sur le marché du travail. La meilleure façon d'y arriver est de cesser d'exporter les emplois bien rémunérés.  Les consommateurs doivent réclamer que les entreprises qui réalisent des profits grâce à eux contribuent des emplois significatifs dans leurs collectivités.

Je voudrais profiter de l'occasion pour remercier tout le monde d'être venu ici aujourd'hui : nos invités, Angela Schira, secrétaire-trésorière de la Fédération du travail de la Colombie-Britannique, Mike Fenton, secrétaire du caucus Western Pulp, ainsi que tous ceux et celles qui ont travaillé au succès de cette campagne. Je suis très fier du travail que nous avons accompli pour sensibiliser les Canadiens et les Canadiennes sur le problème de la délocalisation et je désire remercier tous ceux et celles qui ont signé la pétition et qui ont pris le temps de partager leurs expériences avec nous.  

Nous avons hâte de poursuivre notre campagne par le biais du Chômage-o-mètre national et de notre site Web, www.sauvonsnosemplois.ca, et j'encourage tous ceux et celles qui n'ont pas encore signé la pétition de le faire en ligne.

J'aimerais dédier le Chômage-o-mètre national et le symbolisme qu'il représente à toutes les familles et les collectivités touchées par la délocalisation. D'un commun effort, nous pouvons aider à préserver les emplois canadiens.