L'industrie du téléphone dans l'Ouest du Canada date de la fin des années 1800. Plusieurs années de croissance rapide menèrent à une industrie florissante avec des besoins toujours croissants de travailleurs qualifiés. Le début des années 1900 vit une croissance du militantisme syndical ; les travailleurs et les travailleuses de l'industrie du téléphone commencèrent à s'organiser. Les membres luttèrent ferme et obtinrent plusieurs avantages. Les travailleurs et les travailleuses de la compagnie de téléphone de la Colombie-Britannique (B.C. Tel) devinrent les mieux payés du continent. Dans les années 1920, les travailleurs et les travailleuses relâchèrent leur vigilance et eurent peu de griefs. À la fin des années 1920, les travailleurs et les travailleuses de la B.C. Tel abandonnèrent leur syndicat, ne se rendant pas compte que la situation avantageuse dans laquelle ils se trouvaient résultait des batailles gagnées par ce syndicat. Beaucoup de temps se passa avant que les travailleurs et les travailleuses de la B.C. Tel s'organisent de nouveau.
D'abord approuvé sous le nom de " Federation of Telephone Workers (FTW) " en 1944, le Syndicat fut à l'époque l'agent exclusif de négociation des travailleurs et des travailleuses de la B.B. Tel. Il en resta ainsi jusqu'à la déréglementation de l'industrie du téléphone en 1992 qui ouvrit la porte à l'accréditation d'autres employés.
Malgré les améliorations constantes obtenues au cours de la majeure partie de notre histoire depuis 1944, peu de conflits de travail survinrent entre le Syndicat et l'employeur à l'exception de la douzaine d'années de 1969 à 1981. Le moins que l'on puisse dire des relations de travail avec la BC Tel ces années-là est qu'elles étaient houleuses : des enjeux majeurs portant sur les salaires et les conditions de travail en période d'inflation élevée, sur la sous-traitance, la juridiction, les mises à pied, les pensions et plus récemment la parité salariale causèrent des tensions entre la compagnie et le Syndicat résultant en un certain nombre d'arrêts de travail.
Entre 1944 et 1969, plusieurs contrats furent négociés sans avoir eu recours à la grève ni subi de lock-out. La fin des années 1960 vit à la fois une augmentation du coût de la vie et une recrudescence du militantisme syndical, de manière générale et au sein du Syndicat. À l'été 1969, les membres du Syndicat débrayèrent surtout pour des questions d'argent, réclamant des augmentations de salaire raisonnables afin de protéger leur niveau de vie. La grève dura six semaines et se conclut avec l'obtention d'une hausse de salaire de 20 pour cent sur deux années.
En 1973, dans la région de l'Okanagan, les travailleurs et les travailleuses de OK TEL, filiale de BC TEL, firent grève pour des questions de régime de pension et de parité salariale avec BC TEL. L'entente conclue ainsi que la fusion ultérieure de OK TEL et BC TEL menèrent à la négociation d'un régime de pension très solide pour tous les membres et d'un régime à prestations déterminées, administrés et financés conjointement, la compagnie contribuant la part du lion du régime.
Le problème de la sous-traitance du travail des membres, ainsi que d'autres considérations telles que les salaires, menèrent à une grève et à un lock-out en 1977. Il en résulta une entente négociée comprenant l'une des clauses les plus solides sur la sous-traitance parmi les compagnies de téléphone de l'Amérique du Nord. La limite à la sous-traitance, ainsi que la clause de la convention collective interdisant à la compagnie des mises à pied pour des raisons de changement technologique, empêchèrent effectivement la compagnie de procéder à des licenciements massifs. Le Syndicat ne connut pas la réduction des effectifs subie par nombre de syndicats des télécommunications en Amérique du Nord durant les années 1990 et il ne resta plus à la compagnie que les rachats volontaires comme moyen de réduire la taille de ses effectifs.
Le dernier conflit majeur de travail de cette période tumultueuse eut lieu en 1980-81, lors duquel les grèves tournantes furent suivies d'un arrêt complet de travail et de l'occupation par des syndiqués des immeubles de BC TEL à Vancouver et à Nanaimo. Suite à cette longue grève, la compagnie commença à prendre des mesures pour améliorer le climat de travail. Depuis lors et jusqu'en 2005, le STT réussit consécutivement à négocier les conventions collectives comprenant des hausses substantielles de salaire sans que du temps ne soit perdu pour des grèves ou des lock-out.
Depuis 1981, le STT fait campagne sur plusieurs fronts. Le Syndicat s'opposa farouchement avec succès à la déréglementation de l'industrie du téléphone jusqu'en 1992. Le Syndicat résista également à une tentative de licenciements majeurs au début des années 1980, s'adressant au tribunal pour forcer la compagnie à respecter la clause du contrat interdisant les mises à pied pour de simples raisons de changement technologique. Le Syndicat résisté aussi, avec un succès mitigé, aux efforts de centralisation des opérations de la compagnie. Les bureaux de quelques petits centres fermèrent leurs portes, mais la campagne de sensibilisation du Syndicat auprès des communautés locales et des dirigeants municipaux contribua à limiter considérablement les dommages, si bien que moins de membres que prévu durent avoir à choisir entre quitter leur emploi et quitter leur communauté.
De la fin des années 1980 jusque dans les années 1990, le Syndicat travailla d'arrache-pied pour obtenir l'équité salariale pour ses syndiquées. Après trois rondes de négociations, le Syndicat réduisit considérablement l'écart salarial; en 1994, le Syndicat déposa une plainte d'équité salariale auprès de la Commission canadienne des droits de la personne. Cette plainte fut réglée à la signature de la convention collective 2005-2010.
Entre-temps, la structure du Syndicat subit des changements majeurs. Pendant la trentaine d'années après 1944, l'on surnommait la FTW "le monstre à trois têtes" puisqu'elle représentait séparément trois divisions (Commis, Usine et Service des téléphonistes), avec chacune ses propres dirigeants et adhérents. Vers 1970, il était devenu clair qu'une telle division en petits nombres d'adhérents n'était pas dans l'intérêt des membres. Plusieurs propositions fut mises de l'avant. L'une des suggestions était de fusionner avec le TCA (Travailleurs en Communication d'Amérique du Nord) des États-Unis, une autre était de fusionner avec le Syndicat de Bell Canada, alors connu sous l'acronyme STCC. En fait, le TCA et le STCC avaient formé une alliance sans statut en 1972 avec une adhérence commune mais il ne s'agissait que d'une association volontaire et aucune démarche n'avait été prise en vue d'une fusion.
Entre-temps, la Direction du Syndicat était en train de changer, avec Bill Clark remplaçant Bert John comme Secrétaire général de la Division de l'usine en 1970. Au milieu des années 1970, de grands efforts furent consentis en vue de fusionner les trois divisions en un syndicat unique, lequel deviendra éventuellement le Syndicat des travailleurs des télécommunications ou STT. Le concept d'un syndicat unique fut accepté petit à petit et c'est en juin 1997 qu'eut lieu le premier Congrès du STT.
Le Président du STT nouvellement formé était Bob Donnelley, qui fut remplacé par Bill Clark lors du conflit de 1980. Clark prit sa retraite en 1987 et il fut remplacé par l'Agent d'affaires Larry Armstrong. Lorsque ce dernier prit à son tour sa retraite en 1992, le Vice-président Rod Hiebert devint Président. Hiebert demeura Président jusqu'à sa retraite en 2005 et fut remplacé par le Vice-président Bruce Bell. Le Président actuel, George Doubt, fut élu lors du Congrès de mars 2007.
Au fil des ans, d'autres changements graduels dans la structure et le fonctionnement du Syndicat menèrent à un rôle de plus en plus important joué par les femmes. Pendant la première décennie du STT, les trois dirigeants (le Président, le Vice-président et le Secrétaire trésorier) furent tous des hommes. Mais, lorsque Don Bremner quitta son poste de secrétaire trésorier en 1988, le Syndicat élut sa première femme au Conseil exécutif, Doreen McMillan. Depuis, les femmes occupèrent à plusieurs reprises les postes de Vice-présidente et de Secrétaire trésorière. Le STT est maintenant un syndicat très avancé dans la voie du progrès. Aujourd'hui, deux des quatre dirigeants sont des femmes, et plus de la moitié des 22 membres du Conseil exécutif (les dirigeants à temps plein du STT) sont des femmes. Fait encore plus significatif, en 2006, pour la première fois de notre histoire, trois personnes de couleur furent élues au Conseil exécutif.
Historiquement, le STT est un syndicat provincial, ne représentant que des membres en Colombie-Britannique. Tout changea en 1999 avec la fusion de Telus et de BC Tel, compagnies basées respectivement en Alberta et en Colombie-Britannique. Il n'y avait à ce moment que cinq syndicats pour représenter les travailleurs et les travailleuses de la nouvelle compagnie. En l'an 2000, suite à un vote pour déterminer lequel des syndicats allait dorénavant représenter l'ensemble des travailleurs et des travailleuses lors de négociations, le STT sortit vainqueur.
TELUS devint un compagnie à l'échelle nationale en l'an 2000 lorsqu'elle fit l'acquisition de Clearnet, un fournisseur national de téléphonie cellulaire, et de QuebecTel, la compagnie de télécommunications la deuxième en importance au Québec.
Les négociations contractuelles entre le STT et TELUS débutèrent à la fin de l'année 2000. Cinq années de négociations contractuelles, souvent tumultueuses et semblant se prolonger indéfiniment, aboutirent à un conflit de travail de quatre mois qui se termina en novembre 2005. Suite à ce conflit de travail et à la perte subséquente d'avantages et de droits acquis durement au fil des décennies, plusieurs membres devinrent désillusionnés à l'égard de la direction du Syndicat. Ils se livrèrent à une lutte interne pendant toute une année. À la fin du Congrès de mars 2007, 18 nouveaux dirigeants furent élus au Conseil exécutif du STT de 22 membres.
À la fin du conflit de travail en 2005, le Syndicat dut commencer à rembourser des millions de dollars qu'il avait emprunté à d'autres syndicats afin de satisfaire les besoins en payes de piquetage durant le lock-out. Un nouveau Conseil exécutif élargi fut élu pour administrer la nouvelle convention collective et pour superviser les défis auxquels doit faire face un certificat d'accréditation national relativement nouveau. Le Syndicat est impliqué dans un nombre record de griefs et d'arbitrages alors qu'il tente de dépasser les limites du nouveau libellé de la convention et de protéger les droits de ses membres.
Le Syndicat fait également face au défi de réparer les dommages qu'ont subi les effectifs lors du conflit de travail et de ses retombées. Le STT est également menacé d'éventuels maraudages de la part d'autres syndicats alors même qu'il s'affaire à préparer les négociations de 2010.
Malgré les nombreux défis auxquels le STT fait face, nous avons réussi sur plusieurs fronts en obtenant plusieurs décisions favorables de petite ou de grande importance lors de griefs et d'arbitrages au nom de nos membres, ainsi que plusieurs décisions en faveur du Syndicat auprès du Conseil canadien des relations industrielles. Les travailleurs et les travailleuses de l'industrie canadienne du téléphone ont une longue histoire de lutte et de succès. Il ne fait aucun doute que les membres du STT continueront à accomplir de grandes choses en demeurant solidaires.